Le château de Montréal
Vous connaissez le château, la grosse bâtisse, rue Douglas à Montréal. Mais ce n'est pas celui d'origine.
Ce dernier trônait au sommet de l'éperon rocheux au dessus du village.
Aujourd'hui, il ne reste que des ruines de cette citadelle dominant les châteaux de Brion et Nantua depuis son sommet abrupt.
Etienne II sire de THOIRE-VILLARS fait édifier le château de Montréal de 1244 à 1248.
Idéalement situé, il contrôle la route de Lyon à Saint-Claude. Afin d'être à l'abri, les paysans édifient leur maison en dessous. Le village de Montréal se développe et prospère rapidement.
A sa mort en 1250, la mère et tutrice du fils mineur, Humbert III, déclare la guerre à Nantua et son prieur.
Le comte de Bourgogne met fin au conflit et oblige les belligérants à faire la paix.
De nombreuses et importantes franchises sont accordées entre 1287 et 1294. Nous retrouvons sur le site des Archives Départementales de l'Ain, la copie de l'une d'elle. On y retrouve la création de de la ville par Humbert comte de THOIRE ; la confirmation et l'énoncé des diverses franchises ; droits des bourgeois, de la gendarmerie ; ....
Humbert de THOIRE-VILLARS concède le droit de pêche et de chasse aux habitants de Montréal en novembre 1387.
Humbert VII, dernier sire de THOIRE-VILLARS, vend la terre au comte de SAVOIE en 1402.
Humbert, sire de THOIRE et VILLARS, rédige des lettres patentes destinées auc bourgeois de Montréal, et ses fidèles féaux. Il désire "enforcer", bâtir et clore la ville de Montréal. Pour cela, il accorde des privilèges de lever des taxes ans la ville.
Le 26 septembre 1419 l'abbergeage des bois est fait à Montréal par acte.
Entre 1423 et 1425, puis entre 1425 et 1427, le duc de Savoie demande une redevance pour la construction de son château de Montréal.
Le 23 décembre 1496 Philibert de SAVOIE livre à titre d'abbergeage, au seigneur et bourgeois de Montréal, et aux bourgeois de Brion de prendre des bois dans la montagne de Montréal, pour la construction de leur maison. Les conseillers et chambre des comptes de Savoie étudient l'affaire. Ceux de Brion ont dégradé et dévasté les bois. Au vu de l'importance de l'affaire, il est demandé à ce que les gardes des forêts surveillent les forêts, ainsi que les syndics et bourgeois du lieu. Ils devront rendre compte au châtelain et curial du lieu de toutes dégradations. Il est défendu à ceux de Brion de se rendre dans la forêt et toute concession ayant pu être faite est désormais nulle, fait à Chambéry le 03 novembre 1498. Il est précisé que le bois doit servir en priorité pour les fortifications de la ville et l'entretien du château, les habitants conservent l'usage des bois dans les forêts, avec interdiction de le vendre. L'abbergeage est donné contre 400 florins or a versé par les habitants au trésorier de Savoie et 4 florins par an.
Une transaction est réalisée entre Montréal et Geovressiat au sujet des paturages en Pralié le 22 avril 1466.
Une transaction est passée entre les habitants de Montréal et ceux de Geovressiat le 03 juillet 1516.
Un contrat de permutation du 25 mars 1531 concède Montréal et Pérouges contre 300 florins. Et un autre contrat du 18 septembre 1565 stipulant que son altesse ne retire aucune chose sur la seigneurie. Une insurrection se lève à Montréal contre les bourgeois de Brion. Les syndics montrent les franchises accordées à eux seuls qui les autorisent à prendre du bois pour leur maison et l'entretien des fortifications de la ville de MontréaL Ils demandent et supplient de casser la la concession accordée aux bourgeois de Brion.
Par lettres patentes du 24 avril 1566, Emmanuel Philibert de SAVOIE, érige la baronnie de Montréal en comté, en faveur de Louis ODINET, baron de Montfort. Par ce geste il le remercie de son entier dévouement ainsi que celui de ses prédécesseurs.
Dans un autre acte du même jour, il précise que les seigneuries de Montfalcon, Montréal et Pérouges ne rapporte rien, il les vend, cède et inféode à Louis ODINET baron de Montfort, ses descendants mâles ou femelles, contre 6 000 écus d'or et 300 florins annuels. Il lui devra foi, hommages et fidélité pour ses fiefs.
Henri IV, après l'annexion Bugey en 1601, va demander le démantèlement de la citadelle en 1602. 800 hommes sont recrutés pour rasé le château grâce aux corvées.
Le comte de Montréal se plaint au duc en 1618 que la forêt du coté de Charbillat est dégradée par le sieur de Mongrifond. Il est autorisé à prendre du bois pour construire mais il fait de grands dégâts pour son chauffage, et autorise des personnes à y aller se servir. La réponse du 09 septembre 1618 confirme l'abbergeage des bois hautes futaies à Montréal.
En 1622, Louis XIII la fait reconstruire, car la Franche Comté espagnole n'es pas éloignée, et y installe une garnison.
Louis de SEYSSEL marquis de la CHAMBRE, comte de Montréal, nomme Antoine DELILIA, bourgeois du lieu, châtelain de Montréal, le 08 juillet 1629. Il remplace son père décédé.
Le 05 novembre 1629 le régiment du Phalsbourg prend place à Montréal. Les habitants sont obligés de loger la troupe.
Le lieutenant commandant Antoine DOUGLAS, reçoit le 13 août 1631, l'ordre de démolition du château par Jacques VALLET, conseiller du roi en la chambre des comptes de Dijon. L'ordre à été donné par Le Prince de BOURBON. Le même jour, il reçoit également l'ordre, du Prince de CONDE, de remettre au syndic de Bresse, toutes les pièces d'artillerie et munitions de guerre qui sont au château. L'inventaire signale 29 pièces de canons correspondant à l'inventaire du 28 avril 1630.
Le prince Henry de BOURBON, lieutenant général pour le roi en bourgogne Bresse et Bugey, ordonne au sieur DUGLAS de remettre au sieur BEYSSON, syndic du pays de Bresse, les pièces d'artillerie et munitions de guerre qui sont à présent au château de Montréal. Le Prince le remercie et lui envoie une ordonnance pour le paiement des appointements et la solde des 4 soldats qui sont au château, le 21 octobre 1635.
Monsieur DUGLAS, par courrier, confirme les ordres du Roi, de faire raser le château, combler les fossés de celui-ci.
Son petit fils Charles Joseph DOUGLAS achète le comté le 13 avril 1757 chez maître GIROD notaire à Gex pour 60000 livres aux héritiers BUDE.
La famille restera maitre de la seigneurie jusqu'en 1789.
Une demeure est construite au pied du massif dans le village de Montréal, sur le terrain des RUBAT, parents par mariage.
Le château brule et il est rebâtit peu avant la Révolution.
de DOUGLAS de CHAPEL d'ESPINASSOUX Yvonne Marguerite Marie Henriette, épouse d'AYGUESVIVES Audoin Auguste Marie Jean (1901-1987) décède le 03 septembre 1984 à Montréal. Elle est la dernière du nom à Montréal.
Les héritiers vendent le château à la commune en 2000.
Seul le toit a été refait. Le bâtiment ne se visite pas car l'intérieur est en mauvais état.
Seul le parc a été mis à la disposition de la population.
Joomla Gallery makes it better. Balbooa.com