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Le château de Dorches

Le château de Dorches

Le château est situé dans le hameau du même nom, dans la commune de Chanay, au sommet d’un pic rocheux surplombant la Dorche.

Le duc de SAVOIE en avait fait un lieu de surveillance de ses territoires face au comte de GENEVE dont l'allégeance était douteuse.

C’est une très ancienne seigneurie, en toutes justices, puisque connue depuis le 12ème siècle.
Guillaume de BALMEY la possède avant 1115. GUICHENON pense que la seigneurie est composée du château et d’une ville. Les descendants prennent le nom de la seigneurie.
Le château permet au Duc de SAVOIE de surveiller le Rhône.
Le 13 décembre 1257, Hugues de DORCHES rend hommage pour son château à Pierre II de SAVOIE.
Le 18 décembre 1275 un accord est signé entre le comte de SAVOIE et Hugues de DORCHES, Vrie de CHATILLON et consorts, concernant les droits d’affouages sur 30 ans, et ce qui se vend en grosses futaie aux marchands.
La moitié de la seigneurie est vendue, le 03 mars 1280, par Marguerite de DORCHES à Martin de CHATILLON.
Claude de VIGNOD passe reconnaissance, sur les terriers de 1479, pour une partie de la seigneurie de Dorches achetée en 1464 à la dame Guye de CHASTILLON, relite de Guy CHADEAU et leur fils François. Il acquit également Dorches en l’an 1479 d’Aymon de CHATILLON fils de Girard.
Le 01 janvier 1584, Galois de VIGNOD reçoit par Lettres Patentes de Charles Emmanuel de SAVOIE la seigneurie en toutes justices depuis le Rhône, La Dorches et la Verseronce jusqu’au mandement de Chateauneuf, 1200 écus d’or.
Le 04 février 1643 Louis de VIGNOD fait reprise de son fief de Dorches, en tant qu’héritier universel de Claire de MAILLANS épouse de Philippe de VIGNOD.
Dans les terriers de Seyssel, il existe un texte en latin concernant les justices de Dorches, Vens et Chanay.
En 1686, Gaspard de VIGNOD, seigneur de Dorches et Chanay, déclare que l’Isle est un pré situé à coté du Rhône contenant environ 4 journaux, dépendant de l’ancien domaine, comme le prouve la donation de François de CHATILLON à Poncet de CHATILLON son neveu, le 29 novembre 1503, d’un bail de 1649 par Georges de VIGNOD, autre bail de 1662 par Anne de CAMUS relite de Louis de VIGNOD.
La seigneurie reste dans la famille jusqu’en 1740. Elle passe alors dans la famille CONSTANTIN, originaire de Surjoux qui en sont toujours propriétaire à la Révolution française.

La famille de QUINSONNAS en fait l'acquisition. Des travaux sont entrepris par Humbert pour consolider le donjon de Dorches début 20ème.
En 1896, Emmanuel, 78 ans, POUGNY de BOCQUETANT Marie Louise, 61 ans, habitent leur château de Chanay, avec leur fils Humbert, âgé de 40 ans, et deux petits enfants. L'institutrice, HEYVEY Catherine est anglaise, 3 valets de chambre, 2 femmes de chambre, un cuisinier, un cocher, un jardinier logent égaelment à Chanay. A partir de 1906 les membres de la famille ne sont plus recensés sur Chanay.
Madame de BONNEVAL, héritière des biens, vend les propriétés, dont les ruines de Dorches le 27/12/1919 à la République Belge. Le service de santé Belge revend la tour de Dorches le 28 mars 1922 à Mme BESSON veuve BAVEREY, qui organisa des fêtes médiévales en 1926 et 1927.

A ce jour, il reste le donjon, des murs à l’ouest au sud.

L’arrivée au château se fait par une longue allée partant de l’entrée du village. Puis un virage permet l’arrivée au niveau de la basse-cour.

Le plan dressé par TEALDI en 1976 nous permet d’avoir une vue de la construction

Un autre plan similaire a été dessiné par Bernard DEMOTZ dans son article "L'État et le château au Moyen Âge : l'exemple savoyard" paru dans le journal des savants de 1987

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Il apparait dans les ruines à ce jour (voir photos personnelles ci-dessous) :

  • Les angles du bas de la tour sont arrondis coté du vide ;
  • Au sommet de la tour, sur deux angles Nord et Est, les corbeaux servant pour les hourds en bois ;
  • Les pierres de tailles de l’entrée donnant sur la haute cour ;
  • Une partie des murs encastrée dans la falaise dominant la rivière en contrebas ;
  • Une entrée souterraine donnant peut être à la citerne ? ;
  • Une autre entrée donnant sous le château et la tour ;
  • Des marches d’escaliers au pied de la tour ;
  • Des meurtrières dans les murs de la tour.

Les ruines sont inscrites aux monuments historiques depuis le 09 mars 1927.

Jean Jacques BELLOCHE peint les restes du château posé sur son pic au 19ème. Le tableau est au Musée des Beaux-Arts de Troyes.

Il existe une légende concernant la Dame Blanche. M. de QUINSONNAS l’a relatée dans son guide historique et pittoresque du voyageur en chemin de fer.

Vint le temps glorieux des croisades, le pieux chevalier gagna la Terre Sainte, laissant son épouse adorée contrainte aux tourments de la séparation.
Marguerite implora le ciel que son vaillant châtelain lui soit rendu.
Un chevalier jadis éconduit, usa d’un odieux stratagème pour obtenir à nouveau sa main…
« Guillaume de Balmey, son compagnon d’armes aurait rendu son dernier souffle sur les terres d’Orient ».
Devinant la sournoise supercherie de cet homme qui voulut la faire sienne, Marguerite le chassa…
Le traitre rassembla une armée de manants, afin d’assaillir la forteresse de Dorches.
Et bien que le siège s’éternisât, la fidèle châtelaine nourrissait toujours l’espoir du retour de son époux.
Le ciel exauça ses prières, la cavalcade guerrière de Guillaume de Balmey retentit enfin dans sa contrée natale.
Comme au jour de leurs noces, Marguerite revêtit sa robe blanche…
Croyant reconnaitre les pas de son-bien aimé dans l’escalier de la tourelle, elle accourut jusqu’à la porte pour l’enlacer, hélas face à elle bondit le chevalier félon…
Pour ne pas subir le déshonneur, elle saisit son coffret de joyaux, puis se jeta du balcon surplombant la cascade.
Guillaume de Balmey vengea sa jeune épouse en précipitant le traître du haut de la tour.
Fou de chagrin, il fit retraite dans un ancien monastère « La chartreuse d’Arvières » où il y mourut.
Les soirs de pleine lune « aux dires de la légende » on peut apercevoir une forme blanchâtre sur la cascade : la belle châtelaine flotte mystérieusement sur les eaux…
Ses précieux joyaux disparurent pour toujours dans les tréfonds de la Dorche.

Un éboulement eu lieu au pied du château en 1910.

 

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